DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE ???

DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE ???

Découvrez notre texte publié en Tribune Libre dans le journal municipal de septembre 2015

En ce 14 juillet 2015, nous venons de célébrer les 226 ans de la prise de la Bastille, événement hautement symbolique car il exprime l’entrée du peuple lors des événements révolutionnaires débutés le 05 mai 1789. En ce jour de fête nationale, tout le peuple français – citoyens et citoyennes – commémore ces femmes et ces hommes qui ont contribué à un changement radical de notre société, de notre régime politique par un étonnant passage d’une société archaïque à un monde promis au progrès. Chaque élu de la République française est censé témoigner un profond respect pour les avancements philosophiques, politiques, économiques, sociaux, civiques que des Lumières et des révolutionnaires de 1789 ont martelé par leurs réflexions multiples. La commémoration du 14 juillet, rassemblant le corps entier de la Nation, donne une lecture de ce qu’est et doit être la France, et à l’intérieur d’elle-même nos collectivités territoriales. Ce jour de souvenir doit inviter chaque élu, dans le respect de ces opinions partisanes, à établir des politiques rappelant les héritages de celles et ceux qui ont fait la France dès la fin du XVIIIe siècle.

Et pourtant ici, à Gaillac, la majorité municipale de droite a beaucoup à apprendre des rêves, des espoirs et des motivations de nos grands personnages historiques.

Bien plus qu’une simple représentativité du peuple, une meilleure démocratie doit être à l’œuvre aujourd’hui dans notre ville. Le peuple a permis, de par son implication aux événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe et tout au long du XIXe siècle, de faire bouger les lignes et de proposer le modèle républicain considéré comme un immense progrès par les contemporains. Ainsi, où en est-on des fameuses assemblées populaires promises à de nombreuses reprises par le maire Gausserand ? Car il ne s’agit pas simplement d’écouter pendant une heure les problèmes et revendications des uns et des autres, et considérer en cela que l’on a fait de la démocratie participative. Il faut en avoir une conception bien plus noble, autrement dit faire des citoyens de véritables acteurs politiques en leur donnant la possibilité de mener à bien des projets au cœur du quotidien des Gaillacois. Et cela passe par le principe de liberté, fondement majeur pour les révolutionnaires de 1789.

Néanmoins, l’école est la principale clé qui puisse permettre cette implication des citoyens dans les affaires de la commune. Et là encore, la majorité de droite, aux commandes de la troisième ville du département, a décidé de mettre en place des Accueils de loisirs associés à l’école (ALAE) payants dans chaque établissement scolaire qui n’en bénéficiaient jusqu’alors. Cette idée de base est tout à fait louable. Il s’agit d’offrir à chaque jeune gaillacois des activités individuelles et collectives qui contribuent à son éducation citoyenne. Néanmoins, la question de la gratuité se pose. Pourquoi chercher à faire payer un service éducatif en faveur de l’enfant, en tant qu’individu pensant mais aussi futur citoyen actif, alors que la majorité municipale a choisi la gratuité pour les transports en commun à Gaillac – transports de bus qui ont été relégués en dehors du centre-ville et qui pose des questions notamment en termes de développement durable ? L’éducation est une clé absolue pour faire des enfants de véritables citoyens dans les prochaines années. Jean-Jacques Rousseau, philosophe des Lumières que nous célébrons chaque 14 juillet, comprend à son époque l’importance de l’éducation. Il affirme : « Nous naissons faibles, nous avons besoin de forces ; nous naissons dépourvu de tout, nous avons besoin d’assistance ; nous naissons stupides, nous avons besoin de jugement. Tout ce que nous n’avons pas à notre naissance et dont nous avons besoin étant grands nous est donné par l’éducation ». L’éducation est ainsi primordiale pour assurer la lumière dans chaque esprit humain pour qu’il puisse jouer, demain, un grand rôle dans notre société, et forger, chaque jour un peu plus, la République et ses valeurs. C’est ce que les républicains des années 1880 ont bien compris avec la mise en place des lois Ferry qui ont offert à chaque enfant une éducation obligatoire, laïque et gratuite.

Les parents de Gaillac vont donc découvrir à la rentrée scolaire de septembre la mise en place de ces ALAE et des nouveaux tarifs, établis de manière hasardeuse, votés lors du

Conseil municipal du 09 juillet 2015. Et quelle ne va pas être leur surprise de découvrir que cette tarification varie selon les écoles présentes sur le territoire, jusqu’à 434 euros de différence entre l’école La Clavelle-Vendôme et celle de Sainte Cécile d’Avès pour un premier enfant d’une famille au quotient familial compris entre 950 et 1250 euros. Le principe d’égalité, si cher à ceux qui ont fait une idée de la République française, s’envole dès lors en fumée.

Enfin, ce dossier des ALAE témoigne, une fois de plus, d’une gestion municipale maladroite et inconsciente des dossiers stratégiques pour notre ville. Rappelons que ces accueils ont été annoncés lors du Conseil municipal du 09 juin 2015 en « informations du maire » et qu’un vote a été prononcé lors du Conseil municipal du 09 juillet sans, qu’entre temps, une commission soit réunie pour débattre avec l’ensemble des acteurs, y compris des élus de l’opposition, de ce dossier. Le maire Gausserand gère la ville seul, sans faire preuve de démocratie, chose qu’ont combattu les philosophes des Lumières et les républicains post 1789. Le manque d’écoute et de participation des élus de l’opposition, tant voulu par le maire, représentant d’une République française démocratique, est un manquement aux principes de ce que doit être une démocratie. La démocratie, c’est l’échange et la discussion entre personnes ou groupes de personnes n’ayant pas les mêmes visions sur la société et sur son avenir. La démocratie, c’est la confrontation des idées et des convictions. La démocratie, c’est aussi, comme le rappelait Abraham Lincoln, le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Espérons que les idées et dynamiques de la fin du XVIIIe siècle que nous célébrons en ce 14 juillet puissent résonner un peu plus à Gaillac dans les années qui suivent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>